Trahisons

Harold Pinter
12.1 – 7.2.21
Théâtre / Tragi-comédie / Création

Pièce maîtresse du dramaturge anglais, Trahisons traite un sujet vieux comme le monde – l’adultère bourgeois, dans un huis clos construit à rebours. Alors, tromper ou être trompé ?

Un mari, sa femme et son amant. Sur une scène de théâtre, on fait difficilement plus classique. Dans la vie également, du reste.

Tout en cherchant à réinventer le genre en se concentrant sur l’adultère lui-même, Pinter en déconstruit la narration en remontant le temps. En gros, il commence par la fin, brode sur le mode « Les histoires d’amour commencent bien en général ! » et brise nos certitudes à coup de faux-semblants et de duplicités à peine dissimulées.

Dans cette pièce pinteresque au possible (rien à voir avec le réseau social), où le texte est d’une inventivité folle et les dialogues d’une précision clinique, la banalité des conversations fait ressortir les stratégies de domination, les silences surgir les failles, un regard naître une contradiction. A contrario d’un Feydeau, d’un Guitry ou d’un Woody Allen, son triangle amoureux est plus british, plus contemporain, plus cynique.

Tromper, ce n’est jamais que se tromper soi-même, dit l’adage. Avec une telle habileté, cela confine à l’œuvre d’art.

«Jerry : Tu as tout dit à Robert ?
Emma : Il a bien fallu.
Jerry : Tu lui as tout dit… à propos de nous ?
Emma : Il a bien fallu.»
Harold Pinter

Mise en scène : Valentin Rossier
Avec : Mauro Bellucci, Camille Figuereo, Valentin Rossier
Scénographie : Jean-Marc Humm
Lumières : Davide Cornil
Musique : David Scrufari
Costumes : Trina Lobo
Administration : Eva Kiraly
Coproduction : New Helvetic Shakespeare Company et Le Crève-Cœur