Un samedi, en chinant par hasard dans les allées d’un marché aux puces quelconque, Michel tombe sur Me, Myself and I, le premier album mythique de Niel Youart. Un 33 tours qu’il cherchait depuis des années. Le genre de pépite introuvable qui le plonge dans un état second. Mais alors qu’il souhaite l’écouter tranquillement dans un salon qu’il a imaginé exprès pour ce moment suspendu tant attendu, le monde entier semble se liguer contre lui : sa femme qui choisit ce moment pour lui faire une révélation inopportune, son fils qui débarque à l’improviste, Pavel, le voisin, qui vient toquer à la porte, sa mère qui ne cesse de l’appeler sur son portable. Et comme si cela ne suffisait pas, une goutte d’eau qui fera déborder le vase. Pardon, dérailler le disque !
Manipulateur, menteur et foncièrement égocentré, Michel est prêt à tout pour avoir la paix et profiter enfin d’une petite heure de tranquillité. Avec une démagogie certaine et un brin de mauvaise foi, cette heure est un condensé des agissements égoïstes de l’humanité. Comme une petite musique bien établie dans le crâne des personnes qui s’entêtent à faire la sourde oreille.
« Elsa : – Je n’en peux plus de mentir.
Michel : – Ce n’est pas une raison pour dire la vérité. »