Antonietta et Gabriele appartiennent à deux mondes que tout oppose : lui est homosexuel, cultivé, avant-gardiste, subversif, quand elle est une femme de peu d’éducation, gagnée par l’idéologie fasciste et très traditionaliste.
Dans cette pièce tirée du mythe cinématographique d’Ettore Scola, Une journée particulière s’arrête sur le 6 mai 1938, à Rome, lorsqu’Hitler vient célébrer son union avec Mussolini. Le peuple tout entier est convié aux « noces ». Tout le monde excepté Antonietta et Gabriele, confinés contre leur gré. « Emprisonnés » pour leur genre.
Le temps de la retransmission radiophonique du défilé, nos deux exclus vont apprendre à se connaître. Et même plus si affinités, comme on dit, dans un texte qui déborde de sensualité et de désir contrarié.
Une journée ne suffit pas toujours pour changer la face du monde. Mais Une journée particulière trouve forcément un écho dans le monde actuel, notamment en s’interrogeant sur le fascisme quotidien et sur l’ankylose des esprits que provoque toute idéologie. Sur scène, Dominique Gubser et Romain Daroles s’attacheront à faire revivre à leur manière les mots prononcés par Sophia Loren et Marcello Mastroianni il y a de cela presque cinquante ans.
« Certes, le fascisme historique est mort en tant que régime, mais le fascisme psychologique quotidien, le fascisme qui impose et condamne celui qui est différent, n’est pas mort. »
Ettore Scola